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Le loup et la chèvre
Il était une fois une chèvre qui s'était
construit une cabane dans les bois et avait mis au monde des chevreaux.
Elle partait souvent en quête de fourrage. Sitôt après
son départ, les chevreaux verrouillent la porte et ne sortent
pas. A son retour, la chèvre frappe à la porte
et chante: - Petits chevreaux, enfants chéris! Ouvrez,
ouvrez vite!
Moi, la chèvre, suis allée
dans la forêt;
j'ai brouté l'herbe
soyeuse, j'ai bu de l'eau fraîche. Mon lait
coule à flots, mouille mes sabots, se perd dans la terre! Les chevreaux s'empressent d'ouvrir à leur mère. Elle
les allaite et repart au bois, tandis que ses chevreaux s'enferment
à double tour.

Le loup qui a tout entendu profite de l'absence de la chèvre
pour s'approcher de la cabane et crier de sa grosse voix:
- Petits
enfants, mignons enfants, ouvrez à l'instant! Votre mère
est là, chargée de lait, de l'eau plein les sabots! Les chevreaux répondent: -
Non, non, ce n'est pas la voix
de notre mère! Elle a une voix claire et d'autres paroles. Le loup s'en va et se cache. La chèvre, à son retour,
frappe à la porte: - Petits chevreaux, enfants chéris! Ouvrez,
ouvrez vite!
Moi, la chèvre, suis allée
dans la forêt;
j'ai brouté l'herbe
soyeuse, j'ai bu de l'eau fraîche. Mon lait
coule à flots, mouille mes sabots, se perd dans la terre! Les chevreaux la laissent entrer et lui racontent que le méchant
loup est venu pour les manger. La chèvre les allaite et repart
en leur recommandant de n'ouvrir pour rien au monde à quelqu'un
qui s'adresserait à eux d'une grosse voix et ne répéterait
pas mot pour mot ses paroles à elle. A peine s'est-elle éloignée
que le loup accourt, frappe à la porte et chante d'une voix
ténue: - Petits chevreaux, enfants chéris! Ouvrez,
ouvrez vite!
Moi, la chèvre, suis allée
dans la forêt;
j'ai brouté l'herbe
soyeuse, j'ai bu de l'eau fraîche. Mon lait
coule à flots, mouille mes sabots, se perd dans la terre!
Les chevreaux ouvrent la porte, le loup
fonce dans la cabane et les dévore tous sauf un qui s'est réfugié
dans le four. La chèvre revient, mais elle a beau chanter, personne
ne répond. Elle s'approche, pousse la porte non verrouillée
et voit la maison déserte; elle regarde à l'intérieur
du four et découvre un seul chevreau. Ayant appris son malheur,
elle s'affale sur le banc et pleure, se lamente:
- Ah, mes
pauvres chevreaux, mes enfants chéris! Pourquoi, pourquoi avez-vous
ouvert au méchant loup? Il vous a dévorés et
me voilà toute triste. Le loup qui l'a entendue
pénètre dans la cabane et lui dit: - Oh,
commère, commère! Que dis-tu là? De quoi m'accuses-tu?
Viens donc faire un tour en forêt. - Non, compère,
je ne suis pas d'humeur à me promener. - Viens! -
insiste le loup. Ils s'en vont das la forêt et arrivent devant une fosse où
couvent les braises d'un bivouac de brigands. La chèvre dit
au loup: - Si on essayait de sauter cette fosse, compère?
C'est ce qu'ils font. Le loup saute et tombe
dans la fosse brûlante; son ventre éclate, les chevreaux
s'en échappent et bondissent vers leur mère. Depuis lors,
ils vivent heureux, deviennent experts, évitent les revers.
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