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Un
chêne vert au creux de l'anse. Sa chaîne
d'or fixée au tronc Un chat savant, dans le
silence, Nuit et jour déambule en rond. A
droite il chante une rengaine, A gauche il ronronne
un secret. Ce lieu est hanté de silènes, D'esprits
hirsutes des forêts. Ici, l'ondine sur la branche Se
berce au-dessus des buissons Le clair de lune sur
sa hanche Frise l'écaillé de poisson.
Traces de bêtes solitaires
Sur des sentiers inexplorés, Fourrés
obscurs pleins de mystère, Silence glauque
des marais, Halliers perdus et terre vierge Qui
n'a jamais connu le soc, Cabane aveugle qui émerge Sur
pilotis de pieds de coq. Vallons et bois chargés
de rêve... La mer y lance sur la grève Un
flot toujours renouvelé, Puis se retire en
un murmure Abandonnant sur le piton Des chevaliers
dans leur armure Sous la conduite d'un triton. Un
jeune prince à tête blonde S'empare
au passage d'un tyran Et dans les nues aux yeux du
monde Par-dessus les gouffres béants Un
magicien porte un géant. Dans sa cellule une
princesse Se lamente sur son destin. Un loup gris,
dévoué s'empresse A la servir soir
et matin. Là le mortier de la sorcière S'en
va tout seul, clopin-clopant, Le roi Kochtcheï
dans sa tanière Se consume aux feux des diamants... C'est
là que souffle l'âme russe, Et son parfum,
je l'ai humé, Et goûté l'amertume
douce A la coupe de l'hydromel. Au bord de l'eau,
sous le grand chêne J'ai rencontré le
chat savant. Il m'a susurré ses rengaines Dans
la crique à l'abri des vents. Il m'a murmuré
ses histoires A l'heure des chauves-souris, A
l'heure où tous les chats sont gris, J'en
garde une dans ma mémoire... Version
russe Version
espéranto
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