Conte
du roi Saltan,
du preux chevalier Gvidon Saltanovitch son fils
prince glorieux et puissant, et de la belle princesse Cygne
(extraits - suite) (...) Le prince oubliant sa peine Monte à la tour et promène Ses regards sur l'océan Qu'il voit soudain frémissant Puis s'abattant sur la berge; De la vague alors émergent Flamboyant comme un brasier Les trente-trois chevaliers. 
Sur un rang
les preux s'avancent,
Le vieux Mernoir les devance,
Au vent cheveux argentés,
Il les mène à la cité.
Quittant sa tour, le monarque
Reçoit ces hôtes de marque.
Le peuple court en émoi;
Mernoir dit alors au roi:
"C'est le cygne qui nous mande,
Et c'est lui qui nous commande
De rester en faction,
Protégeant tes bastions.
Nous serons en sentinelle,
Chaque jour, toujours fidèles;
Aux portes de ta cité
La mer viendra nous jeter.
Nous nous reverrons sans faute.
Nous rentrons dans la mer haute,
L'air d'ici ne nous vaut rien."
Chacun se dit: "A demain." (...) "...Savez-vous
cette merveille,
La princesse sans pareille,
Si splendide qu'on ne peut
Détourner d'elle les yeux?
Elle éclipse la lumière,
La nuit le monde elle éclaire,
Une étoile entre les yeux,
Un croissant d'or aux cheveux.
Un vif éclat d'elle émane,
Sa démarche est d'une paonne,
Quand elle prononce un mot,
C'est le gazouillis de l'eau.
Ça, pour être une merveille,
C'en est une sans pareille !" 
(...) Alors le
cygne soupire:
"Pourquoi chercher loin, messie?
Ton destin est près de toi,
Car la princesse, c'est moi
" S'envolant à tire-d'aile,
Loin des vagues éternelles,
Le cygne va se poser
Sur les bords, dans un fourré.
Il s'ébroue et se secoue,
En princesse se dénoue: 
Une étoile entre les yeux, Un croissant d'or aux cheveux: Un vif éclat d'elle émane, Sa démarche est d'une paonne, Quand elle prononce un mot, C'est le gazouillis de l'eau. Le prince vite l'enlace Avec tendresse l'embrasse Et sans tarder la conduit A la mère qu'il chérit. Il tombe à ses pieds, l'implorer "O ma reine que j'honore, D'une épouse j'ai fait choix Et d'une fille pour toi. Accepte ce mariage Et bénis notre ménage, Bénis, mère, tes enfants, Qu'ils coulent des jours riant". 
(...) Gvidon dans
un grand transport
Dit d'une voix de stentor:
"O ma mère bien-aimée,
O ma nouvelle épousée,
Regardez qui vient là-bas:
Mon père Saltan est là ! " 
(...) La reine-mère
paraît,
Et Saltan la reconnaît...
"Dieu, que vois-je, est-ce possible?"
Son sang fait un tour terrible
Et son souffle en est coupé...
Les yeux de larmes trempés,
Il étreint sa souveraine,
Son fils et la jeune reine.
Ensemble ils vont s'attabler:
Le festin de commencer. 
Et tissière et cuisenière Ainsi que la Malicière Vont se cacher dans un coin Où bien vite on les rejoint. Alors elles avouèrent, Admirent leurs torts, pleurèrent; Ne voulant guère sévir, Le roi les laissa partir. Le soir il fut sur sa couche Ivre comme une vraie souche. J'y étais et j'ai bien bu, Ne m'en demandez pas plus. Retour
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Version espéranto intégrale
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