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HUMOUR
Anonyme + Paul Itolog
Sur l'utilité de fumer
(les contre-arguments au Ministère de la santé)
Les effets
du tabac sur l'environnement :
Fumer est un processus physiologique indispensable pour
l'organisme humain. La nicotine tue 36 espèces de
bactéries, dont 8 nocives.
L'été, fumer éloigne les moustiques
d'une façon plus écologique qu'à coups
d'insecticides. Après tout, le tabac, c'est une plante
verte, donc un insecticide écologique. Ca va de soi
mais il est bon de le rappeler.
Par ailleurs, en ville ou en société, cela
éloigne les non-fumeurs, ces êtres asociaux,
intégristes et moralisateurs, véritables moustiques
bipèdes et parlants qui ne piquent pas mais donnent
des allergies.
Sur le plan
médical, il y a beaucoup à dire pour lutter
contre la désinformation ambiante :
Sous l'action de la nicotine, qui est un agent nettoyant,
les cellules vieilles et usées du cerveau périssent
en premier.
Les goudrons, qui se déposent sur la surface interne
des alvéoles, empêchent l'air d'y accéder,
forçant ainsi l'organisme à intensifier le
flux sanguin. Chez un non-fumeur, un effet similaire doit
être obtenu en pratiquant intensément certains
exercices pénibles, comme le sport.
Alors que chez le fumeur, l'inhalation de la fumée
et la toux du fumeur constituent une gymnastique respiratoire
saine et naturelle. En plus, vous économisez le prix
des chaussures Noke de chez Pentathlon. Pas de raquette
de tennis à triple cordage, de planche de surf au
prix du chêne ou d'anorak spécial Pôle
Nord en hiver à acheter : un simple paquet de clopes
et vous inspirez-expirez-relachez !
La pause cigarette
au travail :
Un non-fumeur épuise son organisme en travaillant
sans répit. Une pause cigarette, c'est un moyen de
prévention des dysfonctionnements psychiques. Pendant
leur pause, les fumeurs oublient les problèmes de
boulot, plaisantent. Comme on le sait, chaque sourire prolonge
la vie d'une minute, et chaque cigarette la raccourcit de
trois minutes. Donc, il suffit de sourire trois fois pendant
la pause cigarette, et la soi-disant nocivité du
tabac sera réduite à néant. En plus,
l'absence temporaire d'oxygène dans le cerveau le
force à travailler deux fois plus après la
pause, ce qui est bénéfique pour la qualité
du travail. On ne peut pas dire la même chose sur
les non-fumeurs dont les capacités cognitives baissent
de façon exponentielle à cause du travail
monotone et la surcharge en oxygène, dont je rappelle
qu'il est toxique dans certaines circonstances en plongée
sous-marine.
Faites le test : demandez à n'importe quel fumeur,
il vous confirmera qu'il travaille cent fois mieux que son
rival non-fumeur.
Les capacités
d'adaptation du fumeur :
Un fumeur est adapté à l'hypoxie, et s'il
se retrouve par inadvertance dans une situation de catastrophe,
coincé dans les décombres après un
tremblement de terre, bloqué dans une mine, ou pris
dans un incendie, il devra peut-être sa survie à
ce que l'on qualifie abusivement de "mauvaise habitude."
On peut dire qu'un fumeur est mieux adapté à
la survie. Vous croyez que j'exagère ? Alors un autre
exemple : un incendie se déclare au 28e étage
dans vos bureaux, des cris, de la fumée, des gaz
toxiques, la panique quoi... Pas de problème : c'est
pas un peu de fumée qui va vous faire peur ! Vous
sortez calmement, la clope au bec, après avoir pris
soin de soutenir votre patron cardiaque et de le guider
avec sang-froid jusqu'à l'ascenseur, ce qui vous
assurera peu après une rapide promotion.
Quand je dis qu'un fumeur est mieux adapté à
la survie, je parle même au sens littéral :
au moment critique, il trouvera toujours dans sa poche ses
allumettes pour faire du feu ou éclairer son chemin
dans les ténèbres.
Je peux même vous dire en confidence que, d'après
une source bien placée (un haut fonctionnaire fumeur
sympathisant de la cause), l'administration envisage de
ne recruter que des pompiers fumeurs, pour la même
raison qu'ils tolèrent mieux la fumée, les
gaz toxiques et l'hypoxie. Les candidats non-fumeurs seront
automatiquement recalés aux tests d'aptitude. Pareil
à l'armée dans les commandos. Les mentalités
vont enfin changer. Les non-fumeurs seront réorientés
vers des métiers moins exigeants: cyclisme, marathon
et autres gros consommateurs d'oxygène gratuit. A
ce propos, le même fonctionnaire nous a confié
qu'une taxe sur l'oxygène est à l'étude
pour les non-fumeurs, et ce ne sera que justice, car les
fumeurs contribuent à la société par
la TVA, alors que les non-fumeurs bouffent sans vergogne
notre oxygène, et gratos.
Fumer, oui,
mais que fumer exactement ?
La cigarette prolo pour faire bricoleur ? La clope intello
(à la terrasse d'un café branché, avec
un bouquin ou une revue) ? Ou bien préférez-vous
le cigare façon PDG ? Le tabac à chiquer sur
le pont de votre voilier, genre loup de mer du dimanche
? Pas de souci, la clope c'est la liberté : pas de
lutte des classes, pas de syndicat, chacun est libre d'essayer,
de tester, de s'en mettre plein les poumons. De toute façon,
si vous fumez trop, ça se dissout dans le sang.
Les non-fumeurs se privent d'une large gamme de sensations,
et appauvrissent leur univers interne.
Comment fumer
?
C'est une question très importante. Si des volutes
de fumée entourent le fumeur, alors c'est un dilettante
qui gaspille le précieux produit. Un vrai fumeur
inspire profondément, retient longtemps la fumée
dans ses poumons où toutes les composantes aromatiques
se déposent et s'assimilent.
Pour ne pas jeter une partie des précieuses composantes
chimiques de la cigarette avec le mégot, il vaut
mieux arracher et jeter le filtre au préalable. Et
quand le feu commence à brûler les doigts,
il faut embrocher le mégot incandescent sur une allumette
et le fumer jusqu'au bout.
La convivialité du tabac :
Il n'a pas de problèmes pour faire des connaissances
- il lui suffit de demander du feu.
Donc, fumer est particulièrement recommandé
aux timides, garçons ou filles : en effet, alors
qu'un dialogue sincère donnerait ceci : "T'es
bien roulée, j'ai envie de baiser" - "Moi
aussi, mais pas aujourd'hui et peut-être pas avec
toi.", grâce aux vertus sociales de la cigarette,
l'atmosphère de nos lycées devient plus conviviale
:
- T'en veux une ?
- Non merci.
Et la communication entre les générations!
Des hommes en habits chics demandent une clope aux gamins,
échangent des propos amicaux. Les fumeurs ont moins
de prétextes pour discuter. Quoi de plus beau qu'un
père qui, après avoir appris à son
fils à lancer une balle (aux USA), à taper
du pied dans un ballon (le reste du monde sauf l'Angleterre
et l'Australie), après lui avoir fait boire sa première
bière, lui offre sa première cigarette ? A
charge pour lui, ensuite, de s'émanciper du nid familial,
de voler de ses propres ailes en s'essayant au shit et à
la coke avec ses copains.
Et ne croyez pas que ce bénéfice social soit
réservé aux adolescents boutonneux ou à
la relation père-fils, cette vertu sociale si utile
dans un monde où on ne pense qu'à faire la
guerre joue aussi entre adulte. Si vous sollicitez un passant
en lui demandant : "Vous n'auriez pas cent balles ?",
vous risquez d'en prendre une... ou de prendre un coup de
poing sur la figure. Par contre, la question polie : "Vous
n'auriez pas une cigarette?" ne suscitera pas de réaction
négative, et peut même vous conduire au mariage.
Aussi bien avec une fumeuse, d'ailleurs, avec laquelle vous
organiserez un voyage de noce Hollande-Maroc-Katmandou à
la recherche du meilleur tabac... mais aussi avec une non-fumeuse,
qui sera irrésistiblement attirée par vous,
et par la sainte mission si féminine de vous éloigner
du péché. Vous êtes gagnants dans les
deux cas !
Mesdames, pas de panique ! Ce raisonnement s'applique aussi
à l'envers, à une fumeuse qui rencontrerait
l'homme non-fumeur de sa vie : il imaginera bien vite les
talents cachés d'une femme qui, depuis l'adolescence,
tire sur sa clope et avale la fumée... Il voudra
rapidement vous désintoxiquer en remplaçant
votre cigarette par quelque chose de plus doux et plus viril
à la fois !
Vive les fumeuses et les fumeurs, vive les relations sociales,
vive la clope !
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