HUMOUR Hodja
Nasreddine est un personnage folklorique des pays musulmans de l'ex-URSS. Les
aventures de ce sage facétieux sont aussi connues des Russes ainsi que
d'autres ethnies, souvent sous forme de très courtes histoires, et jouissent
d'un grand succès. La preuve : Hodja Nasreddine, qui existe depuis des
centaines d'années, est toujours vivant au 21è siècle ! A.Matsenko Hodja
Nasreddine 2000 J'ai
longuement marché. Je jette un coup d'oeil : Allah,
ô quel malheur - les liens sont inconnus... On
me propose "Retour à la page d'accueil" - Mais
d'où je viens, je ne m'en souviens plus ! Ibn
Host, "Le collier de bannières" (poème
soufi du XII siècle) Une
fois les villageois demandèrent à Hodja Nasreddine - Pourquoi
ne crées-tu pas ta propre page perso ? - C'est très simple, -
répondit Hodja. - Quand j'ai la bénédiction d'Allah, je n'ai
pas Front Page... - Et quand tu as Front Page ? - Celui qui a Front Page,
celui-là ne peut avoir la bénédiction d'Allah ! - répondit
le sage. Pendant le dîner
au château, l'émir commença à s'extasier sur Linux.
- Oh, la ligne de commande ! - disait-il. - Oh, l'accès séparé
! Rien que pour ça, j'aurais échangé toutes les beautés
de mon harem contre Linux ! - Moi, je n'aurais échangé ma femme
que contre Windows 98, - dit Hodja, pensif. - Maudit lamer, must die ! - s'écria
l'émir, courroucé. - Explique-toi immédiatement ! - C'est
tout simple, - Hodja haussa les épaules, - ce serait un échange
équitable. Ma femme adore aussi les stupides bijoux de pacotille, ne fait
rien à la maison et pose sans arrêt des questions idiotes... Une
fois entre Hodja Nasreddine et un derviche qui se faisait passer pour un soufi
très savant, il y eut une discussion enflammée. Le derviche citait
le Coran si aisément que Hodja ne put trouver de réponse pertinente
et se tut. - Alors, tu es à court d'arguments ? - demanda le derviche
avec suffisance. - Non, j'ai juste une baisse temporaire de trafic ! - répondit
Hodja. L'émir commanda à
Hodja Nasreddine un site Internet sur son pèlerinage à La Mecque. -
Fais beaucoup d'applets Java, - déclara-t-il, - j'adore les applets Java
! - Moi aussi, ô mon maître, - répondit Hodja. - D'un
autre côté, il ne faut pas trop charger la page, - dit l'émir
après réflexion, - j'estime que le mieux est l'ennemi du bien. -
Moi aussi, ô mon maître, - répondit Hodja. L'émir
regarda attentivement Hodja et dit : - Les applets Java sont passés
de mode. Je crois qu'un ou deux suffisent amplement. - Moi aussi, ô mon
maître, - répondit Hodja. - Si tu en fais ne serait-ce qu'un
seul, j'ordonne de te couper la tête ! - hurla l'émir. - Je déteste
les applets Java ! - Moi aussi, ô mon maître, - répondit
Hodja. - Alors n'as-tu donc pas ta propre opinion ? - s'indigna l'émir.
- Une fois tu adores les applets Java, une fois tu les détestes ! -
C'est toi qui me payes, et non les applets Java...- Hodja Nasreddine haussa les
épaules. Un jour, Hodja
Nasreddine changea de mosquée. Le mollah de l'ancienne mosquée,
en rencontrant Hodja au marché, se mit à l'apostropher : - Tu
es un homme sage, - disait-il, - crois-tu que tes prières parviendront
mieux à Allah de la nouvelle mosquée ? - Beaucoup de choses dépendent
du fournisseur d'accès, - sourit Hodja Nasreddine. Un
jour, les villageois dirent à Hodja Nasreddine que sa femme passe beaucoup
trop de temps sur Internet. - C'est un impudent mensonge ! - répondit
Hodja fièrement. - Si elle se promenait beaucoup sur les pages persos des
autres, elle viendrait de temps en temps voir la mienne... Quand
Hodja Nasreddine était mollah, les gens lui demandèrent de prier
Allah qu'il envoie de la pluie pour une bonne récolte. Hodja pria beaucoup,
mais la pluie ne vint pas. Les gens commencèrent à dire que les
prières du nouveau mollah ne parvenaient pas à Allah. - Mes prières
parviennent très bien, - n'en tint plus Mollah Nasreddine. - Tout simplement,
il doit y avoir aux cieux un problème d'encodage ! Un
riche et avare marchand demanda une fois à Mollah Nasreddine s'il irait
au paradis. - A une seule condition ! - coupa Mollah. - Si l'enfer est UNDER
CONSTRUCTION ce jour-là ! Hodja
Nasreddine et sa femme avaient un BBS à la maison. Une nuit, le serveur
est tombé en panne. Sa femme réveilla Hodja Nasreddine. - C'est
notre serveur commun à 50-50 ! - dit-elle. - Viens le remettre en service,
c'est ton tour ! - Bon, va remettre en service ta moitié, - marmonna
Hodja endormi, en se cachant la tête sous la couverture, - et que la mienne
reste en panne encore un peu ! Ayant
entendu dire que Hodja Nasreddine était un véritable soufi, de nombreux
élèves, des derviches et des curieux, commencèrent
à venir le voir de partout. - Que dois-je faire, maître ? Parfois
j'ai l'impression que je vais comprendre les voies d'Allah, - demanda une
fois un jeune mystique, - mais au moment le plus important Il m'échappe
! - Si tu veux avoir une connexion de qualité, paie-toi une ligne haut
débit ! - répondit Hodja. |