CHANSONS
La neige bouillante
Горячий снег
La chanson inspirée du roman de Youri Bondarev "La neige chaude" (1970), adapté au cinéma en 1972 (titres français: "La neige chaude" et "La neige en feu").
Ancien combattant d'artillerie, Bondarev y livre un récit d'un réalisme saisissant, basé sur son propre vécu lors de l'opération "Hiver ardent" (Wintergewitter) en décembre 1942. Le texte décrit ces jours décisifs où les troupes soviétiques durent briser la tentative de secours de von Manstein pour libérer la VIe armée allemande encerclée à Stalingrad.
En 1972, l’œuvre est adaptée au cinéma par Gabriel Eguiazarov. Le film devient immédiatement un classique du cinéma de guerre soviétique, porté par une mise en scène viscérale où le froid et le feu se confondent. C’est pour ce film qu'est née la chanson de Mikhail Lvov et Aleksandra Pakhmoutova.
Le contraste entre la "neige" (symbole du froid et du silence) et le qualificatif "bouillante" ou "chaude" symbolise le sacrifice ultime des soldats: celui où le sang versé est si chaud qu'il consume la glace. En adaptant ce texte en français, l'objectif est de rendre hommage à cette image puissante, où l'héroïsme humain parvient à transformer la nature même des éléments.
Musique: Aleksandra Pakhmoutova
Paroles: Mikhaïl Lvov
Version française: chante Suno AI.
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Version originale: chante Youri Gouliaev.
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Paroles
La neige rageait, tourbillonnante,
À Stalingrad désintégré,
Et les soldats en vestes fumantes
Marchaient, les cendres sous les pieds.
Le char s'enlise dans la glace
Sous les obus impétueux,
Et les flocons de neige s'embrasent,
Fondant comme les brindilles en feu,
Et l'homme tombait dans la tourmente
D'une neige bouillante, d'une neige sanglante.
Le vent de cette bataille mortelle,
Comme le métal chauffé à blanc,
Brûlait d'une flamme si cruelle,
Que même la neige s'est faite bouillante.
Et au-delà du supportable
Le char et l'homme s'affrontaient
Dans un combat impitoyable,
La neige meurtrie se calcinait,
Et l'homme serrait d'une main tremblante
La neige bouillante, la neige sanglante.
Retombent les tempêtes blanches,
La belle saison les mue en fleurs,
Les grandes années s'en vont et changent,
Pourtant, la guerre est dans mon coeur,
Où les tempêtes hurlaient, glaçantes,
Où tant de nôtres avaient péri...
Nos mères aux cheveux blanchis attendent
À l'ombre des pommiers fleuris,
Mais dans mes yeux, toujours présente,
La neige bouillante, la neige sanglante.


