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BLAGUES

de l'époque communiste


     Après sa mort, Stakhanov arrive en enfer et constate que cet aimable lieu de séjour a deux entrées monumentales. Au-dessus de la première il est écrit « Enfer capitaliste » et au-dessus de la seconde « Enfer socialiste ». Le diable conduit Stakhanov devant les deux portes closes et lui dit qu'il peut choisir celui des deux enfers qui lui déplaira le moins, pour y passer son tourment éternel. Stakhanov, conscient de l'importance du choix, hésite depuis un bon moment, quand la porte de l'enfer socialiste s'entrouvre. La tête de Staline apparaît, puis son bras, faisant à l'adresse du nouveau damné des signes d'invite manifeste. Mais Stakhanov reste cloué sur place, méfiant, et demande à Staline :
- Pourquoi vaut-il mieux que j'aille dans l'enfer socialiste ? Est-ce qu'il est différent de l'autre ?
- Non, non, - répond l'ancien père des peuples. - Mais ici, une fois c'est le charbon qui manque, une fois c'est la chaudière qui ne marche pas, ou alors les diables sont en réunion politique...


     Le XIe Congrès du parti communiste bulgare a proclamé la nécessité que le Bulgare devienne un homo technicus, et une abondante propagande popularise ce mot d'ordre.
     À quelque temps de là, un Russe, un Américain, un Français, un Anglais, un Africain et un Bulgare se trouvent dans le même avion. Au bout d'une heure de vol, le commandant de bord fait irruption dans la cabine, informe ses passagers que l'avion est en panne et qu'ils vont devoir sauter en parachute.
- Malheureusement, - dit-il avant de sauter lui-même, - ils sont six et il n'y a que cinq parachutes.
     L'Américain et le Russe déclarent qu'ils représentent une grande puissance, s'arrogent chacun un parachute et sautent. Le Français qui en avait discrètement volé un, saute à son tour. Le Bulgare considère qu'en tant qu'homo technicus il a un droit de préséance. L'Anglais et l'Africain restent face à face.
- Racistes comme sont les Anglais, - dit l'Africain, - je suppose que c'est moi qui vais rester en carafe.
- Ne vous inquiétez pas pour ça, l'homo technicus a sauté avec mon sac à dos.


     Le comité de rédaction de la grande encyclopédie polonaise est réuni, et, arrivé à la lettre C, la question se pose de savoir comment rédiger l'article Christ (Jésus). On décide de renvoyer le problème et d'attendre la lettre J. Le moment venu, comme il est impossible de tergiverser plus longtemps, le comité s'interroge sur la réalité historique de Jésus Christ. Réunion de la fraction catholique, réunion de la fraction communiste, réunion de la fraction des sans-parti, réunion globale, et vote : à une voix de majorité, la non-existence est votée.
     Le camarade Urczek, membre de la fraction des sans-parti, ayant voté pour la non-existence, est chargé de rédiger l'article Jésus Christ, en concluant à la non-existence. Mais, en préparant son article, Urczek se persuade que finalement Jésus Christ a bien existé. Il téléphone au secrétaire du comité qui décide de convoquer une nouvelle réunion générale. Les fractions se consultent, on revote et, à une voix de majorité, l'existence passe. Le secrétaire prend alors la parole :
- Bon, - dit-il, - on a voté qu'il existait, mais alors il faudra dire qu'il était Juif.


- Quelle est la différence entre un rouble et un dollar?
- Un dollar.


Sur l'une des faces des pièces d'un rouble est gravé le portrait de Lénine.
D'autre part, les magasins de vodka n'ouvrent qu'à onze heures du matin.
Devant un magasin de vodka, un ouvrier attend l'ouverture de la boutique. Il est onze heures moins le quart. Pour tromper son impatience, l'ouvrier fait sauter dans sa main une pièce d'un rouble. Et ce faisant il murmure que sa main n'est pas un mausolée.


Un secrétaire régional du Parti convoque un homme qui a été convaincu de « calomnies orales » à l'égard des dirigeants et du régime. À peine le coupable introduit dans son bureau, il commence à crier :
- Tu n'as pas honte de raconter des histoires sur le Parti ? Alors que c'est le Parti qui a fait la grandeur du pays, alors que c'est le Parti qui a permis au peuple de repousser les Allemands, alors que c'est le Parti qui a développé l'agriculture, alors que c'est le Parti qui a industrialisé le pays, alors que c'est le Parti qui...
Là, visiblement excédé, le prévenu l'interrompt :
- Écoute, camarade, c'est toi ou c'est moi qui raconte des histoires ?


     Pour commémorer le 20e anniversaire de la Révolution d'Octobre, les autorités organisent une grande parade sur la Place Rouge. Toutes les associations sont fortement encourager à envoyer une délégation avec des banderoles pour le défilé. Des agents du Gépéou surveillent le bon déroulement des festivités. Soudain, un des agents aperçoit la délégation des Aînés avec, comme slogan sur leur banderole: "Merci au camarade Staline pour notre jeunesse".
L'agent se précipite vers le groupe de personnes âgés et leur dit:
- Voyons camarades, ça n'a pas de sens ! Le camarade Staline n'était pas encore né au temps de votre jeunesse!
- Nous le savons, - répondirent les gens âgés, - et c'est pour ça que nous lui sommes reconnaissants!


Un ouvrier arrive au travail le jour de commémoration de Lénine. Il n'était pas rasé ce matin-là. Son collègue, surpris, le regarde et lui demande:
- Camarade, pourquoi ne t'es-tu pas rasé ce matin?
L'ouvrier répond:
- Ce matin, j'ai allumé ma radio et ça criait: "Lénine, Lénine". J'ai donc ouvert mes fenêtres et ça criait: "Lénine, Lénine". Tu comprends que j'ai eu très peur d'ouvrir mon rasoir!


     Tito visite une unité de production et demande qu'on lui présente le meilleur ouvrier. Quand celui-ci est devant lui, Tito prononce un bref discours sur les bienfaits du travail et de la production puis, d'un geste, invite l'ouvrier à répondre, ce qu'il fait en ces termes :
- C'est trop d'honneur pour un pauvre ouvrier comme moi qui ne fait que son devoir en travaillant de son mieux. D'ailleurs, nous sommes tous comme ça dans la famille, sauf le petit dernier. Moi qui suis l'aîné, je travaille en usine pour le bien du pays, le deuxième est dirigeant du syndicat pour toute la région et fait de son mieux pour le bien des travailleurs, le troisième, lui, est secrétaire du Parti à la fédération et il fait de son mieux pour servir le peuple.
- Et que fait le petit dernier ? Celui dont tu semblais te plaindre tout à l'heure.
- Oh, lui! C'est notre honte. Il est parti à l'étranger il y a quelques années et là-bas il travaillote à peine, fait des petits boulots et mène une vie de bâton de chaise. En tout cas, il ne fait rien ni pour le pays, ni pour les travailleurs, ni pour le peuple.
- Tu as raison, c'est une honte ! - rugit Tito. - Mais tu vas voir, je vais lui faire retirer son passeport et il sera obligé de rentrer...
- Oh non ! Camarade président, ne fais pas ça. Avec ses mandats il fait vivre toute la famille.


C'est l'inauguration du tableau "Lénine en Pologne". Il est masqué par un drap blanc. Tous les dignitaires du régime sont présents et attendent avec curiosité qu'on dévoile le chef d'oeuvre du peintre.
Soudain, on tire le drap et, stupeur dans l'assemblée, le tableau représente Mme Lénine au lit avec un autre...
- Mais... où est Lénine ? - demande enfin le conservateur du musée.
- En Pologne.


Un milicien, homme de belle prestance, entre dans une librairie et demande un livre.
- Que voulez-vous comme genre ? - interroge le libraire. - Un ouvrage sérieux ou quelque chose de plus léger?
- Aucune importance, - répond t-il, - je suis venu en voiture.


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